Daignault, J. (Fall 2005). Trouver l'équilibre herméneutique Educational Insights, 9(2).
[Available: http://www.ccfi.educ.ubc.ca/publication/insights/v09n02/intro/daignault.html]

 
Encounter
©Leslie Stanick 2005

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Trouver l'équilibre herméneutique

Jacques Daignault, Ph.D.

On peut dire des quatre textes qu'on va lire qu'ils constituent des tentatives d'objectivation d'un parcours personnel, tournée vers une intelligibilité dont la qualité et la rigueur satisfont les exigences d'une publication universitaire. Les textes de Martin Cormier, Diane Léger et Sylvie Morais sont tirées de leur mémoire de maîtrise et le texte de Jeanne-Marie Rugira est tiré de sa thèse de doctorat.

Chacun de ces textes illustre à sa manière une pratique du récit de vie comme « méthode » de recherche apparentée à l'herméneutique et dont le projet serait l'objectivation.

***

L'objectivation est une visée, un mouvement vers l'idée au sens de Kant : un horizon du concept. Ses conclusions sont toujours provisoires.

L'objectivation commence par l'effort de nommer. Puis, empruntant un mouvement spiralé ascendant, elle fait, dans un processus d'intelligibilité, lever la réflexion aussi haut que possible. Les cercles parcourus sont de plus en plus larges. Le processus recueille ainsi de plus en plus de symboles dont l'intégration assure à l'expression du mouvement une plus grande communicabilité. Le niveau d'intelligibilité est souvent en équation avec le degré d'élaboration, dont les marques supérieures sont les plus complexes et les plus difficiles à atteindre au plan intellectuel.

Les philosophes les plus puissants - par exemple Heidegger - parcourent à des vitesses hallucinantes plusieurs couches et une très large étendue de la culture «universelle». Ça donne des oeuvres remarquables d'intelligibilité et d'un niveau de complexité très élevé. Ce sont des oeuvres hautement élaborées.

Par contre, les philosophes qui les signent ne sont pas forcément, au plan personnel, à la hauteur de leur texte. Les aléas de la vie ne suivent pas nécessairement le même chemin. Il n'est donc pas impensable qu'un être méchant, irresponsable et non repentant puisse écrire une oeuvre géniale de culture. Et ce ne serait pas forcément contradictoire qu'une personne, dont l'intention soit de s'éduquer au bien, s'appuie en toute confiance sur l'oeuvre géniale d'un être dépravé. On est plusieurs à connaître le merveilleux éducateur canado-japonais qu'est Ted Aoki; je l'ai entendu raconter, un jour au Bergamo Conference (c'était en 1983 ou 1984) qu'il avait réussi à se réconcilier avec ses geôliers canadiens ­ il avait été mis dans un camp d'isolement avec des milliers d'autres japonais en résidence au Canada pendant la seconde guerre mondiale ­ il avait réussi à trouver la paix en lisant Heidegger en toute connaissance de cause: il savait déjà qu'Heidegger avait été membre du parti nazi. Quand bien même il aurait été sympathisant nazi ­ ce qui n'a pas été clairement démontré ­ Heidegger aurait donc laissé une oeuvre bonne.

On peut l'expliquer un peu. Il arrive que la vitesse et l'amplitude du mouvement de spirale ascendant soient accélérés par un immense talent et deviennent excessifs en comparaison d'un mouvement contraire ­ également lié au processus herméneutique ­ visant l'approfondissement pour soi, et à «l'intérieur» de soi, du sens de sa vie. Le processus d'objectivation décroche de sa référence personnelle et trouve, dans l'abstraction, des moyens d'élaboration nettement plus avancés et sophistiqués que dans les couches plus concrètes de la réflexion. Ça arrive, et c'est un plus pour la culture.

On notera au passage que le point de départ du processus herméneutique peut se trouver déjà dans l'abstraction. C'est souvent le cas dans les travaux de philosophie. Le motif n'étant pas, dans ces cas-là, la formation ou l'approfondissement personnels, on ne dira pas que le cercle décroche dans l'abstraction; on dira seulement qu'il s'y installe d'entrée de jeu. Sans référence et sans prétention au plan personnel.

Il arrive par contre que le processus herméneutique prenne racine dans une crise personnelle - quand la peine ou l'indignation sont trop fortes, et qu'on décide de s'occuper de soi en pratiquant une forme d'analyse. La pensée s'engage alors dans des cercles de plus en plus concentrés autour d'un événement singulier, dont la genèse plonge au plus creux de l'inconscient. Ce mouvement de spirale est descendant et de plus en plus sélectif à l'égard des symboles et des référents universels, qui doivent tous revêtir un sens concret. Un sens pour soi, dont la portée pourrait être aussi singulière que soi.

Dans le mouvement descendant, il n'y a pas de mots, de symboles ou de signes langagiers; il n'y a que des sentiments, des sensations et des intuitions (au sens d'une impression, d'un «flash»). La spirale descendante est intimement liée au corps et peut fraiser jusqu'au fond de la vie utérine, sinon davantage.

Il reste que le mouvement s'accompagne de repésentations, de symboles, d'images et de mots parce qu'au départ - et c'est le sens même de l'herméneutique - il y a tentative de nommer, d'interpréter et d'expliquer ce qui m'arrive. Il y donc forcément double mouvement: vers le bas, pour mieux sentir, et vers le haut, pour mieux comprendre - autrement, il n'y aurait aucune interprétation possible.

Or, il arrive que la plongée en soi se fasse également trop vite pour maintenir le mouvement vers le haut. Il y a au moins deux cas de figure. Il se peut que la blessure soit trop profonde et trop avancée pour être soignée dans l'herméneutique. Ce sont des cas de psychothérapie. L'interprétation se poursuit, mais elle demeure singulière et privée, en tête-à-tête avec le thérapeute. L'autre cas s'apparente à l'illumination ou la révélation mystique. L'interprétation est révélée dans une langue divine, dont le plus proche équivalent est le silence. Une expérience encore une fois privée, sinon secrète.

L'herméneutique «privée» n'est pas moins remarquable que l'autre, mais seulement d'un point de vue personnel; la culture n'en tire pas grand chose.

Les quatre auteurs qui sont publiés ici tentent de maintenir en équilibre les deux cercles dans une éducation à la sérénité. Un équilibre fragile menacé par deux «super ego» tenaces: la voix de la production culturelle qui en demande toujours davantage au plan de la forme et des références, et la voix intérieure qui pousse vers un dieu de certitudes, de réponses et de tranquillité d'esprit.

En maintenant l'équilibre, chacune, chacune d'eux découvre la vitesse de l'éducation, très proche du vélo. Chacun, chacune  trouve aussi le niveau d'élaboration de même que le degré de formalisation nécessaires pour penser l'éducation et en exprimer le chemin - quelque part entre l'écriture romanesque et l'essai.

L'éducation de soi  se joue en effet dans le transfert de poids, entre les deux cercles. Une fois l'objectivation lancée, il faut balancer sa réflexion entre les deux cercles, de manière à passer du sentiment au concept, et inversement - à la vitesse qui convienne pour tenir en équilibre.

La chute est inévitable au début. C'est comme à vélo. Mais avec l'expérience on peut se balancer dans un mouvement de grande amplitude - en danseuse, disent les cyclistes. Ce qui augmente évidemment la force de penser.

Deux types de chutes peuvent être fatales. Du côté de la haine et du côté de l'indifférence. On peut donc définir la sérénité comme une victoire sur la haine et sur l'indifférence; et l'éducation à la sérénité comme le chemin de cette victoire. Mais gare aux chutes de fin de parcours; elles sont, comme à vélo, plus mortelles que celles d'un débutant...

Nos quatre auteurs se sont fait prudent en adoptant une «méthode», pardon, une manière de naviguer à cheval entre une praxis personnelle de la paix et une théorie générale de la sagesse.

Martin Cormier

Martin a eu le courage de s'engager dans une démarche difficile aux plan personnel, intellectuel et artistique. Une démarche herméneutique dont le travail d'élaboration se fait tantôt en image, tantôt en texte est une aventure plutôt rare et certes risquée en éducation à l'université. À titre d'accompagnateur il ne m'a pas été facile de reconnaître les signes d'un début, d'un milieu et d'une fin dans ce processus assez particulier. Mais quand j'ai vu la lumière émerger dans les tableaux qui suivent celui sur la stylisation de la spirale herméneutique (on les reconnaîtra facilement) j'ai su que le processus avait abouti et que la recherche-création était réussie.

Martin s'était, au plan personnel, libéré de quelque chose, mais surtout il avait trouvé un moyen original de l'exprimer : une élaboration assez unique qui impliquait tout autant le langage des formes et des couleurs que celui des lettres. Nous nous trouvions cependant devant un texte tout en fait en marge des standards universitaires, en particulier en éducation.  Nous nous trouvions à la limite de ce que l'université attend d'un mémoire de maîtrise. La question était de savoir de que côté de la limite allait être reçu le texte. Martin a gagné son pari. Et nous pouvons tous nous en réjouir : les critères d'évaluation se sont ouverts pour accueillir le texte de Martin et les questions qu'il nous pose.

La problématique est triple, dans son cas : artistique, personnelle et philosophique.  Le cadre théorique inclut la fréquentation des arts visuels (c'est l'image plutôt que le texte qui « parle ») et la méthode est manière, style, création. Tout cela l'herméneutique le permet, voire le promet... mais rarement y parvient-on.

Dans cette perspective élargie, le problème de recherche sert de prétexte à enclencher une démarche dont on juge de la pertinence et de l'originalité dans les résultats bien plus que dans l'exposé. Cela, le texte de Martin l'illustre parfaitement. On découvre qu'il est possible d'écrire sur l'éducation avec des formes, des couleurs et des traits de crayon intégrés au texte. La recherche sur l'auto-formation se fait ainsi plus inclusive dans ses outils : pas seulement au plan du matériau mais également de l'analyse et de l'expression de cette analyse. Oui on peut élaborer une pensée articulée et en communiquer l'essentiel en mélangeant les moyens d'expression. La seule réserve est que cela est plutôt rare. Martin y est parvenu : en exposant les motifs des son engagement à la maîtrise il décrit le cercle dans lequel il s'est enfermé au fil des ans et dont il essaie de sortir. Mais il n'en reste pas là, il indique clairement deux directions de recherche qui vont au-delà du problème personnel : partager sa démarche en s'engageant dans l'écriture complexe du texte et de l'image et contribuer ainsi au développement de l'auto-formation.

Il y a trois sources d'écrits auxquelles puise le texte de Martin : les artistes, les éducateurs et les écrivains. Mais il faut « lire » les images en même temps que les mots. S'ouvre alors un nouvel espace, un contrepoint entre l'image et les lettres qui nous dit l'essentiel et qui confirme l'intégration particulièrement bien réussie du modèle herméneutique. Le recours aux images fait écho aux qualités du vers d'après Malarmé; c'est déjà tout Barthes qui est « cité » dans l'intertexte de ce contrepoint.

Diane Léger

Diane a entrepris un travail d’envergure sur un thème occulté et en même temps central dans le processus d’éducation qu’elle appelle explicitement « la réintégration de l’ombre ».  Cela l’oblige à travailler sur le passage de rapport au monde dans la position de « personne » à celle de sujet.  Les éducateurs forment-ils des personnes adaptées à la culture et aux normes sociales portées par la morale ou des sujets qui adviennent à eux-mêmes dans une position éthique?  En laissant deviner son opinion, Diane prend la question par le biais de la praxis.  L’énoncé de la problématique et le cadre théorique établissent les frontières du problème où sont définis avec clarté les paramètres utiles à la compréhension de son travail, en particulier ceux de  morale et d’éthique. 

 

Mais Diane a dû résoudre un problème de taille dans son travail de recherche et sa rédaction.  Son travail de recherche consiste pour une large part à un travail sur elle-même dans son parcours de formation.  Ici, bien sûr, la formation dépasse le parcours académique et rejoint l’histoire de vie et la biographie personnelle de l’auteure qui se situe dans une perspective anthropo-phénoménologique où le savoir s’incarne dans une expérience sensible et organique, inscrite dans un contact direct auto-formateur.  Comme l’ont montré des auteurs comme Yinger, Johnson et Lakoff, cette expérience corporelle, sensorielle, préréflexive est une syntaxe pratique, signifiante du point de vue d’une sémantique de l’action (dans Malet, Régis (1998) L’identité en formation, Paris :  L’Harmattan).

 

L’auteure prend la parole, sa parole, pour dire son parcours et le difficile passage de la morale à l’éthique.  Le savoir-faire-sens est dit dans ses rapports dialogaux avec les choses, les autres et soi-même.  Cela jusqu’à l’expérience la plus décisive qui marque un début et aussi une fin.  L’image du miroir s’inverse et le deni-a signé Diane.

 

Sylvie Morais

Sylvie reprend « littéralement » son texte : elle le réécrit et le dépasse au-delà de l'expérience de l'exil jusque dans le thème de la « formativité ».

Conformément à l’esprit et au style phénoménologique, Sylvie développe sa problématique en s’inscrivant d’entrée de jeu dans le processus décrit: la situation est une rupture; l’occasion, un silence; et l’événement, un exil (largement « compensé » dans la peinture).

La rupture témoigne d’une belle “crise” dans l’être de l’auteure: un conflit profond entre l’être du pédagogue et l’être de l’artiste; on aurait pu souhaiter que la distinction entre ce qui est personnel et ce qui est ontologique soit mieux marquée, mais on devine assez rapidement la rigueur de l’auteure: la recherche d’un équilibre se fait sans complaisance et engage l’être tout entier dans un grand souci de pensée universelle, mais toujours singulière. Une écriture qui témoigne de l’engagement de l’artiste dans les doubles carrières  - dans le champ de l’expérience concrète - que sont l’éducation et les Arts.

 

La place du silence est annoncée alors que l’auteure montre comment la rupture est concrète, c’est-à-dire enracinée dans sa vie. On y trouve là toute la légitimité de l’approche phénoménologique.

 

Plusieurs pages établissent comment le silence est l’occasion de mettre en crise: les difficultés d’un dialogue entre l’artiste et la pédagogue sont bien montrées, en particulier dans la rupture. Puis, plus loin, on sent bien toute la portée du problème, le “discours affectif” qu’il implique; on voit donc poindre la nécessité d’un geste, d’un événement, d'une pratique artistique comme « formativité ».

 

Il y a beaucoup de maîtrise dans cette écriture qui demande, pour l’essentiel, qu’on s’abandonne à sa démarche. La référence à Rilke est décisive.

 

 

Jeanne-Marie Rugira

La thèse de Jeanne-Marie est exigeante pour son destinataire (il faut rentrer dans cette thèse - impossible de la lire à l'extérieur de soi, de sa propre expérience). Mais elle l'a d'abord été pour l'auteure, et à un double titre : une expérience de vie - qu'il n'est jamais facile de raconter, particulièrement dans une thèse, - dans laquelle Jeanne-Marie a  puisé le matériau de sa démonstration (ou "monstration") et une navigation difficile, au plan de la pensée et de l'ethos, entre deux tentations de la souffrance, la repousser ou lui céder. Deux écueils qu'il est néanmoins possible de contourner, quand on sait l'accueillir sans complaisance. Voilà ce que Jeanne-Marie essaie de démontrer.                                                                     

                                   

Quelqu'un d'autre aurait pu choisir d'étudier le phénomène en spéculant - avec une certaine distance - sur les souffrances humaines (toutes autres que les siennes) dont il n'aurait pas  manquer d'exemples et de témoignages. Mais Jeanne-Marie a choisi de re-vivre d'abord les siennes : accueillir dans son corps, dans son âme et dans son cœur la mort, la souffrance, la peine, la révolte, en somme la perte des êtres les plus chers - ce qui est déjà une éducation exceptionnelle au savoir-être. Et dans cette évocation ou plutôt dans ces multiples re-naissances du phénomène pour soi - dans le récit qu'on s'en fait et le témoignage qu'on en donne ­ Jeanne-Marie tente de saisir toutes les occasions de le penser "tout haut", selon les exigences de l'université: en articuler les raisons, les mouvements et les effets au moyen de concepts, de notions ou de modèles qui puissent nourrir, tout en s'y alimentant, le stock des représentations que les sciences anthropo-sociales se sont données du phénomène de la souffrance.

 

Son texte illustre admirablement bien l'équilibre des deux mouvements de l'herméneutique : on l'accompagne dans la transformation personnelle de la souffrance en compassion et en sérénité et, du même souffle, dans l'élaboration schématique d'un réseau de concepts fort articulés sur la relation entre le cri et les témoins de la crise d'un sujet en formation.

 

Conclusion

 

Je ne peux qu'inviter les lecteurs et les lectrices à faire l'expérience des vitesses et de l'équilibre atteints dans ces quatre récits remarquables.

 

Jacques Daignault and Renée Fountain - guest editors

Note biographique

Jacques Daignault (Université du Québec, Canada), spécialiste de la philosophie et de la théorie du curriculum, examine comment des philosophes français, notamment Gilles Deleuze, nous dévoilent une nouvelle perspective à l’égard de l’éducation sous trois aspects : la pédagogie en tant qu’esthétique, l’acousmatique dans l’oeuvre narrative et le virtuel en technologie. Son dernier livre, intitulé (H)opéra pour Geneviève (2002), témoigne de ses préoccupations politiques, existentielles et théologiques sous la forme d’un roman à la fois philosophique et pédagogique qui marie l’exploration autobiographique en éducation à ses considérations épistémologiques, poétiques et méthodologiques.
(http://jd.levinux.org/Livres/Hopera_pour_Genevieve/index.html)

 

Il s’intéresse actuellement au Free Software Movement (FSM) dans une ouverture philosophique et pédagogique vers l’élimination du ‘digital divide’. Ses recherches lui ont mené à déveloper une expertise en ce qui a trait à la mise en réseau d’ordinateurs recyclés utilisant Free Software. Il a également mis sur pied des laboratoires d’informatique dans des écoles et autres institutions en milieu défavorisé au Canada et en Afrique (Gabon et Maroc). Il termine un mandat à la présidence de l’Association québécoise des utilisateurs de l’ordinateur au primaire-secondaire, le plus grand réseau d’usagers des technologies de l’information en milieu éducatif au Québec, et a instauré Équinux, organisme à but non lucratif voué à l’équité digitale. Il est présentement à l’oeuvre sur son prochain livre qui portera sur la philosophie du Free Software Movement et son lien au virtuel et à la pédagogie.

 

Renée Fountain est professeure en technologie éducative et en technoscience (Université Laval, Canada), avec un vif intérêt pour la santé (son domaine à l’Université de Madison au Wisconsin, É.-U.). Des questions sont soulevées quant à la politisation et la complexification 1) de l’équité digitale et du Free Software Movement (FSM), 2) de l’engagement critique et créatif à l’égard des controverses technoscientifiques (via le Actor Network Theory et les concepts de normalisation et de pouvoir/connaissance de Foucault) et 3) des performativités dans la pratique (à la lumière de la présence croissante de défendeurs néolibéralistes). Ses travaux de recherche ainsi que ses cours gradués tentent de refléter la philosophie du mouvement Free Software et sont appuyés d’un recours exhaustif aux sites et wikis interactifs. Elle s’intéresse plus particulièrement à la question de l’accessibilité radicale et des problématiques d’auteurs associés au FSM, ainsi qu’à l’analyse des implications psycho-socio-politico-pédagogiques qui le soutiennent.

 

Note biographique de la traductrice
 
Valia Spiliotopoulos (PhD, Université de la Colombie Britannique) a enseigné l’anglais et le français comme langue seconde pendant dix ans. Plus récemment, elle est consultante pédagogique pour l’Institut de Technologie de la Colombie Britannique, et chargée de cours et conseiller pédagogique à UBC. Elle a aussi enseigné la rédaction académique aux étudiantes de 2ième et 3ième cycles à l’Université de Toronto. Elle s’intéresse à la recherche sur l’enseignement des langues secondes à l’aide des technologies d’apprentissage.

 

Les pensées de la traductrice

 

D’après mon expérience, la traduction est l’art d’exprimer l’imagination, l’esprit, et la volonté d’autrui dans une autre voix qui est en harmonie avec la voix originale. La traduction est une tâche difficile qui nécessite une évaluation continue de chaque mot, phrase, virgule, et point afin d’assurer qu’il y a un équilibre entre l’exactitude du message de l’auteur et l’exactitude des standards d’écriture de l’autre langue. Le défi de traduire l’oeuvre d’un écrivain n’est pas seulement de trouver le mot juste, mais aussi d’acquérir des connaissances nécessaires de raffiner les idées de l’auteur.

À mon avis, la meilleure façon de comprendre et d’apprécier une œuvre est de la traduire. C’était un privilège et un honneur d’exprimer en anglais les idées profondes, créatives, et puissantes de Jacques Daignault. Je me considère chanceuse d’avoir fait ce voyage intellectuel qui promouvoit la dissémination des idées pédagogiques aux lecteurs multilingues.

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  ISSN 1488-3333
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  Centre for Cross-Faculty Inquiry
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